Les missions

Joanne Leighton souhaite créer en prenant appui sur l’expérience des 20 premières années un Centre Chorégraphique qui soit un lieu ouvert, participant à la vie de la danse, à son développement, par la réflexion et surtout par la pratique.

Elle a envie de fédérer le public autour de réels moments de dialogue, de rencontre et de partage et ainsi installer la danse au centre de leurs envies.

Avec les artistes et le public, Joanne Leighton veut tracer les chemins à travers les «topographies» du paysage chorégraphique contemporain et susciter la réflexion et l’enthousiasme pour cet art.

Elle a le désir que le CCNFCB reste et devienne un lieu de référence pour la ville, la région, le national et l’international. Déclinées à partir du projet pour lequel elle a été choisie à la direction du CCNFCB en mars 2010, voici les activités de l’année 2011 en quelques mots fédérateurs :

• Inscrire au répertoire du CCNFCB, trois de ses œuvres : Display/Copy Only, quintet d’hommes jouant sur la dualité copie / original, sur l’appropriation, la création originale, sur le vrai, le faux ; Made in Taiwan, son solo signature ; Les Modulables, solo, duo, trios modulaires et flexibles.

• Créer dès 2011 des pièces pour des danseurs professionnels et pour des amateurs (Made in... séries, projet pour 99 amateurs et 5 danseurs de la compagnie destiné à impliquer directement les habitants des différentes villes partenaires), offrir aux habitants de Franche-Comté la possibilité de prendre part à une performance pendant 365 jours (Les Veilleurs de Belfort).
Janvier 2011 verra le lancement d’Exquisite Corpse, projet pour 58 chorégraphes et 7 danseurs développé à partir du principe du “cadavre exquis”.
Avec la présence de la compagnie dans des espaces scéniques ou hors les murs, comme des sites urbains ou muséaux : Centre Pompidou-Metz,... l’année 2011 sera une année riche en événements. Les nouvelles créations ainsi que les pièces au répertoire seront diffusées en Franche-Comté, en France et à l’étranger.

• Accueillir, accompagner et défendre la création d’autres artistes reçus au CCNFCB dans le cadre de résidences et de programmations. 11 résidences en 2011: 6 résidences avec coproduction dans le cadre de l’accueil-studio dont au moins une compagnie issue de la Communauté française de Belgique, 1 résidence de compagnie américaine dans le cadre de FUSED, 2 résidences décentralisées en Franche-Comté et 1 résidence décentralisée dans le cadre d’éviDanse 2009/2012.
En parallèle, Joanne Leighton proposera à chaque compagnie reçue en résidence de participer au projet Chair Dance afin d’assurer un travail de mémoire de ces accueils et une visibilité renforcée par le biais du média internet.

 


• S’impliquer dans le développement de la culture chorégraphique à partir de son expérience d’artiste et de pédagogue et de la compétence des équipes du CCNFCB par la mise en œuvre de multiples projets (poursuite de l’accompagnement de l’enseignement danse en série littéraire au Lycée Cuvier de Montbéliard, développement de collaborations dans le cadre de l’enseignement d’exploration en seconde, inscription renforcée dans les projets portés par le Pôle de Ressources pour l’Education Artistique et Culturelle “Danse”, dans le partenariat avec l’Ecole d’Art Gérard Jacot à Belfort, l’ADDIM de Haute-Saône et l’ADDIM d’Alsace), d’actions (créations d’un comité des spectateurs, d’un comité jeunes participants, d’un comité participatif, poursuite de l’atelier hebdomadaire du mardi, des stages de week-end, du projet Danse... autrement...) et d’outils (Danse en images, fonds documentaire, les attendus).

• Développer un pôle de formation à destination des danseurs professionnels, des amateurs et du public scolair. C’est le double impact, à la fois local et international, de l’activité de formation, qui incite Joanne Leighton à lui faire une place significative dans le projet construit au CCNFCB.
Pour encourager et développer l’art chorégraphique, pour favoriser une évolution et une prise de conscience de la danse. Elle souhaite concevoir un programme dédié aux danseurs professionnels (cycle de formation et de perfectionnement, Summer Dance Workshop) permettant d’attirer et de réunir régulièrement une « communauté chorégraphique temporaire et mobile » à Belfort mais aussi soutenir le développement de la danse dans les Conservatoires de Franche-Comté en ouvrant les cours avec la compagnie.

• Renforcer le rayonnement local, transfrontalier, national et international du CCNFCB par l’approfondissement des réseaux professionnels tout particulièrement par le biais d’éviDanse 2009/2012 et en travaillant au développement des liens entre le Jura Suisse, la Franche-Comté et la Belgique.

2010 a été l’année d’installation, de rencontre et d’impulsion de des propositions de Joanne Leighton pour le CCNFCB.

2011 sera la première année riche, diversifiée et de complète mise en œuvre de celles-ci.

Joanne Leighton – octobre 2010

Le lieu

Architecture  Générale

Création d'un Centre Chorégraphique Nationale
dans les anciennes casernes de l'Espérance

Les casernes de l'Espérance ont été construites en 1773 à l'intérieur de la citadelle de Vauban.

Elles sont représentatives de l'architecture des magasins militaires de cette époque.
Deux halles parallèles sont séparées par une rue intérieure où étaient chargés les véhicules partant au front.

En dehors des murs périphériques construits en pierre, la structure répétitive construite sur une trame de 3 m 70 est entièrement réalisée en bois.
La lourde poutraison massive et rustique s'appuie dans la rue intérieure sur une façade en bois avec des remplissages en maçonnerie.

Au 19ème siècle, deux bâtiments en pierre ont été rajoutés au Nord. Ils bordaient le canal usinier, aujourd'hui recouvert.Cette architecture, au-delà des espaces qu'elle offre est construite comme un véritable "mécano" de bois. C'est cette caractéristique que les architectes ont exploitée dans la mise en oeuvre du projet.

Un centre chorégraphique contemporain nécessite la création d'espaces de travail vastes, simples, neutres et polyvalents.  L'espace idéal d'une salle de création pourrait être de 18m x 18m x 10m de hauteur. Un plateau de ce type ne pouvait pas trouver sa place dans la structure existante.

L'architecte M Bernard Reichen a donc proposé
de démonter 5 travées de chacune des deux halles,
qu'il réutiliserait ensuite pour implanter une autre fonction. Dans l'espace libéré et sans modifier l'aspect extérieur des halles, il a pu implanter ainsi une salle contemporaine équipée des moyens techniques nécessaires à la création de spectacles.
Au rez-de-chaussée est implanté un foyer d'exposition accessible au public.
Au rez-de-chaussée et au 1er étage, sont disposés les locaux administratifs ainsi que les loges et annexes.
Au 1er étage également, est situé le studio de danse nécessaire à l'entraînement.
Les pavillons de pierre recouvrent les locaux de construction de décor et la salle commune destinée aux danseurs.
D'autres fonctions ont ensuite été implantées dans la partie restante des casernes.
La rue intérieure est devenue atrium, les éléments démontés ont été remontés sous d'autres formes.
Les bâtiments de la caserne de l'Espérance sont  massifs, répétitifs,  fermés, mais ils ont une présence extraordinaire.

C'est dans cette contradiction que M Bernard Reichen a cherché une réponse architecturale en travaillant sur le contraste entre espaces ouverts et fermés, anciens et nouveaux, en préservant dans le projet aussi bien la force du lieu que la qualité d'un outil de création.

Cette démarche procède du même but : redonner vie à un lieu
dont la conception reste actuelle en ce sens
qu'elle autorise de nouveaux usages sans perdre son identité.

 


Salle de Création

La salle
Dans sa totalité la salle est une immense scène, un carré de 18,80 mètres de mur à mur.
Sur un côté : 5 rangs de gradins repliables viennent prolonger de deux rangs fixes en loggia et permettent alors l'accueil de 185 spectateurs.
Le parquet en sapin du Nord est monté sur double lambourdage croisé.
La dimension du plateau, lorsque les gradins sont en position accueil, est de : Cour/Jardin 18,80 mètres, et Face/Lointain 15 mètres.
Avec une hauteur libre sous les passerelles de 8,20 mètres.

Plafon technique
Il est destiné presque exclusivement aux éclairages
et est principalement constitué de :poutre passerelles, qui en soutenant le dispositif du pont roulant, supportent aussi les appuis des chemins de moufles et offrent un réseau de circulation aisé aux techniciens.
Cet ouvrage métallique, étant le seul équipement visible pendant l'attente du spectacle, une attention toute particulière a été apporté à son aspect esthétique, notamment par le choix des profilés.
Les passerelles comportent un ensemble de trappes permettant le réglage des projecteurs, fixés sur un tube filant sous ces dernières.
Des voyants de balisage signalent, à l'extrémité de chaque secteur de circulation, l'ouverture d'une ou plusieurs trappes.
Les passerelles sont équipées de 6 portillons à serrures électriques se déverrouillant au passage du pont roulant.
L'ouverture d'un seul de ces portillons interdit le fonctionnement du pont.

Pont roulant
Avec plate-forme élévatrice. L'ensemble a également fait l'objet d'une recherche techno-esthétique attentionnée.
Le pont roulant entièrement entraîné par deux moteurs hydrauliques se déplace à deux vitesses (200 mm/sec ou 50 mm/sec).
Une centrale de 1,5 Kw avec 4 pompes à engrenage.  Montage immergé. Pression 50 b et 120 b.

Nacelle élévatrice
Sur chariot elle se déplace sur la longueur du pont roulant. Guidage anti basculement.
Vitesse du chariot : 50 mm/sec.
Course verticale de la nacelle : 2,70 mètres. Charge maximum : 150 Kg.
Centrale hydraulique de 1,5 Kw avec 2 pompes à engrenage.
Montage immergé également.
Pression 50 b et 120 b.
Le déplacement conjugué du pont et de la nacelle permet le réglage de tous les projecteurs équipant les porteuses.
Le pont roulant, ainsi que la nacelle élévatrice, comporte un pupitre embarqué, constitué d'un joystick regroupant toutes les manoeuvres du pont et de la nacelle, à partir d'un seul point de manoeuvre.

Mécanique de scène
L'ensemble de la mécanique de scène est constitué de 20 porteuses tridimensionnelles à 2 fils porteurs, d'une ouverture de 14,70 m et de 250 Kg de charge admissible.
Un pupitre de scène regroupe les boutons de mise en service et de sélection de vitesse des porteuses. Les mouvements de ces derniers sont à action maintenue par l'opérateur (pour des raisons de sécurité).

Centrale hydraulique
Une centrale de 5,5 Kw, avec un débit de 17 L/mn.
Pompe à engrenage interne, montage immergé. Pression de service : 120 b.
20 treuils de diamètres 300.
Vitesses : 400 mm/sec et 150 mm/sec.
Charge maxi : 300 Kg.
Moteur hydraulique à piston avec frein par manque de pression. Valves de retenue de charges,
montées sur chaque moteur.
 
Mats d'éclairages latéraux
Les mats sont au nombre de 10.
Les structures tridimensionnelles de 5,20 mètres sont montées sur des chemins de roulement muraux (Cour et Jardin).
Le déplacement se fait par manoeuvre manuelle.

Gradins repliables
Repliables manuellement en 3 parties, frontales, de 4,38 mètres.
Longueur totale de 13,15 mètres.
Largeur des rangs : 95 cm.
Hauteur des gradins : 20 cm.
Revêtement moquette.
Les sièges sont constitués de coussins individuels, revêtus de velours. Sous face avec bandes Velcro permettant une libre disposition des coussins suivant l'activité de la salle.
Utilisation à plein : 185 places.
 
Performance acoustique
Par le choix de motorisation hydraulique : 28/30 dBA  au niveau du premier rang de gradins et au niveau du plateau de scène.
Ce choix technologique de la Maîtrise d'oeuvre scénographique a été déterminé par le souci d'offrir au travail de recherche chorégraphique le silence des équipements, même durant le travail des techniciens : réglage des lumières, mise en place des dispositifs, etc. Avec en plus une souplesse parfaite dans les trajectoires des porteuses.

Historique

LE CENTRE CHORÉGRAPHIQUE NATIONAL DE FRANCHE-COMTÉ À BELFORT

Du 1er novembre 1990 au 31 décembre 2008, le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort a été dirigé par Odile Duboc. Pendant sa présence, le nom de sa compagnie Contre Jour a été rattaché à celui du CCN de Franche-Comté à Belfort.

De janvier 2009 au 7 mai 2010, Laurent Vinauger a assuré la direction par intérim du CCN de Franche-Comté à Belfort en étroite collaboration avec la Présidente de l’association, Marcelle Bonjour.

Le Conseil d’Administration du CCNFCB a été présidé par Marcelle Bonjour jusqu’au 28 septembre 2010 et depuis cette date par Anita Weber.

Joanne Leighton a été nommée Directrice du Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort le 7 mai 2010.

L’ancienne Caserne de l’Espérance, entièrement réhabilitée, abrite le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort depuis septembre 1995. L’une de ses particularités est d’avoir été pensé par l’architecte Bernard Reichen (concepteur de la Grande Halle de la Villette à Paris et de la Halle Tony Garnier à Lyon), Odile Duboc, Directrice artistique du CCN de Franche-Comé à Belfort jusqu’à fin décembre 2008 et Françoise Michel, sa créatrice lumière comme un centre de création totale.

Dotée de moyens adaptés aux besoins de tous les corps de métiers liés à la création chorégraphique (scénographie, éclairage, son, costumes...), cette structure offre aux chorégraphes qui l’habitent les conditions idéales pour créer un spectacle dans sa globalité. Sa salle de création, à l’identique d’une scène de théâtre, aux dimensions exceptionnelles et au dispositif scénique perfectionné, en fait un outil exemplaire de recherche chorégraphique et scénographique, un espace voué à la danse, unique en France.

Le réseau des CCN

LES CENTRES CHORÉGRAPHIQUES NATIONAUX

Les Centres Chorégraphiques Nationaux (CCN) sont des espaces de création, production, formation, diffusion dirigés par des chorégraphes et dédiés à la culture chorégraphique.

Créés au début des années 1980 à l’initiative du Ministère de la Culture, ils se sont développés avec le soutien des collectivités territoriales. Il existe aujourd’hui 19 CCN en activité.

L’ACCN

L’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux (ACCN) a été créée à Caen en 1995 par leurs directeurs dans le but d’échanger sur l’identification de leurs missions, leur mise en oeuvre comme leur évaluation.

Elle regroupe aujourd’hui les 19 CCN existants. Elle exprime publiquement la position collective de ce réseau de structures chorégraphiques à Aix-en-Provence – Angers – Belfort – Biarritz – Caen – Créteil – Grenoble - La Rochelle – Le Havre – Marseille – Montpellier – Mulhouse – Nancy – Nantes – Orléans – Rennes – Rillieux-la-Pape – Roubaix – Tours.